Le blog RH de JF Rio, santé au travail et e-RH

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Archive for the ‘Suicide au travail’ Category

Mickey m’a tué ?

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Le chef cuisinier d’Eurodisney, qui a mis fin à ses jours fin mars à son domicile, le jour où il devait reprendre son travail après un arrêt maladie, aurait gravé sur un mur « Je ne veux pas retourner chez Mickey, je t’aime, pardon les enfants ». C’est en tout cas ce que vient de déclarer le beau-père de la victime qui travaillait depuis 10 ans dans le parc de loisirs. L’entourage familial du salarié s’est déclaré scandalisé par les déclarations de la direction de l’entreprise pour qui ce drame s’explique par des problèmes personnels.

Le message que le PDG de l’entreprise a adressé au personnel – visible sur les sites Miroir Social et FO Disney – est à ce titre  sans équivoque : « Bien que traversant une période personnelle difficile, Franck a toujours fait preuvre d’exemplarité dans son travail….  » A l’exception de FO, les autres syndicats d’Eurodisney ne font pas (encore) l’amalgame entre cet acte désespéré et les conditions de travail. Un CHSCT doit prochainement se tenir pour faire le point sur ce drame.

Il s’agit du deuxième suicide d’un salarié d’Eurodisney cette année : le 21 février, un homme âgé de 30 ans, embauché en 2004, s’était suicidé à la gare d’Esbly, en Seine-et-Marne.

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Written by jfrio

avril 6, 2010 at 5:14

Chez Norbert Dentressangle, les salariés se suicident en silence

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Suicides et omerta chez Norbert Dentressangle.  Les syndicats de ce transporteur routier, un des leaders  européens du secteur, viennent tout juste d’apprendre que trois de leurs collègues avaient mis fin à leur jour.

David Astier, 34 ans, père de quatre enfants, s’est suicidé en juin. Manu Alvez et Alain Marchi, tous deux chauffeurs routiers dont l’un était père d’enfants handicapés,  ont connu la même fin tragique.

Combinés à l’augmentation des arrêts maladie, ces actes de désespoir traduisent une inexorable dégradation des conditions de travail dans cette entreprise. Malgré les alertes répétés des représentants du personnel, la direction n’a toujours pas esquissé la moindre démarche pour tenter de la juguler.

Les managers du transporteur ne sont pas davantage entendus. Selon les syndicats, un cadre de haut niveau, qui a alerté sa hiérarchie sur les risques que font peser sur la santé mentale des salariés la hausse de la productivité et des méthodes de management par le stress, s’est vu signifier une menace de licenciement !

Implanté dans un coin de la drôme, ce groupe a souvent érigé le culte du secret au rang de stratégie. Il est temps désormais qu’il place ouvertement  la problématique des risques psychosociaux au coeur de sa poltique RH et de son dialogue social.

Written by jfrio

novembre 20, 2009 at 5:09

France Télécom à la Fête de l’Humanité, une initiative suicidaire ?

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La Fête de l’Humanité, qui a débuté le vendredi 11 avril, accueille un invité insolite par les temps qui courent : France Télécom. Partenaire du rendez-vous annuel du parti communiste, l’opérateur anime également un stand au Parc de La Courneuve. Des responsables RH  sont présents pour y vanter le bon air qui souffle actuellement au sein de cette entreprise. Pas sûr que cela soit du goût des sympathisants du PC et des autres formations de la gauche radicale, en passant par les militants de Sud.

Alors que France Télécom est confronté à une vague de suicides – 23 actes de désespoir en 18 mois ; vendredi, une jeune femme de 32 ans s’est défenestrée à Paris – en raison, notamment, de ses modes de management et d’une absence d’accompagnement durant la phase de restructuration, sa présence à la Fête de l’Huma est pour le moins une opération de com’ à haut risque voire… suicidaire.

Pour calmer les esprits, la direction de France Télécom a réuni hier en urgence une réunion exceptionnelle du CNSHSCT (Comité National Santé Hygiène, Sécurité et Conditions de Travail) présidée par Olivier Barberot, le DRH du groupe. La principale décision a été d’interrompre le processus de réorganisation, lequel s’accompagne de mobilités forcées. Parmi les autres mesures annoncées :

– ouvrir, dès le 18 septembre, une négociation avec les partenaires sociaux afin de décliner l’accord national interprofessionnel sur le stress ;
– réaliser un état des lieux pour fin novembre avec le soutien d’un cabinet d’expertise indépendant choisi en concertation avec les organisations syndicales ;
– accroître, en effectifs et en moyens, les équipes de médecine du travail et les assistant(e)s sociaux (ales) (+ 10% de médecins du travail dans les mois qui viennent) ;
– renforcer, par une centaine de collaborateurs, les équipes RH de proximité ;
– généraliser les négociations locales sur l’accompagnement des réorganisations, qui « pourront porter notamment sur la formation, les mesures d’accompagnement des mobilités, l’aménagement des horaires de travail et s’appuieront sur des accords Groupe tels que l’accord sur le télétravail, signé le 22 juin 2009. »

Le président de France Télécom doit rencontrer, dans les jours qui viennent, le ministre du Travail pour faire le point sur cette situation dramatique. Certains syndicats menacent de demander aux salariés de faire jouer leur droit de retrait.

Written by jfrio

septembre 11, 2009 at 10:42

Le monde du travail en accusation

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Paru dans Entreprise & Carrières, N° 861 du 12/06/2007 Auteur(s) : Jean-François Rio

Le suicide lié au travail est un phénomène largement méconnu. Quelle est sa réalité ? Pourquoi des salariés en arrivent-ils à ce point de non-retour ? Comment les entreprises doivent-elles gérer ces crises majeures ? Les derniers drames qui ont ébranlé Renault, EDF et PSA Peugeot Citroën contribueront-ils à briser le tabou ? Enquête…

T rois suicides en un mois ! C’est ce que vient de révéler la CGT de l’usine PSA Peugeot Citroën de Mulhouse, évoquant les décès de trois salariés survenus en mai. Ils font suite au suicide d’un ouvrier en mécanique de 51 ans, retrouvé pendu en avril dans un local technique du site alsacien. PSA après Renault, mais aussi EDF, Sodexho, Sanofi ou encore Carrefour, où un cadre a tenté de mettre fin à ses jours après un entretien d’évaluation… La question du suicide lié au travail s’est invitée ces derniers mois dans l’actualité. Une brusque mise en lumière qui s’explique, sans doute, parce que ces actes de désespoir ont impliqué des majors de l’industrie. En tout cas, ils ont suscité un émoi considérable tout en prenant de court les DRH concernées.


Sujet tabou

Acte intime par excellence, complexe à décrypter, le suicide est encore un sujet tabou. Avec environ 12 000 décès enregistrés chaque année, la France est pourtant un des pays industrialisés les plus touchés par ce fléau qui constitue la première cause de mortalité chez les jeunes. Depuis près de quinze ans, il y a plus de décès par suicide que par accident de la route ! Sans compter les tentatives, que certaines études évaluent à 150 000 par an.

Il est encore plus difficile de connaître le nombre de suicides liés au travail, qu’ils se produisent sur le lieu de l’activité professionnelle ou en dehors. Aucune étude officielle ne s’est lancée dans ce type de recherche. Seul Christian Larose (lire l’entretien p. 35), vice-président du Conseil économique et social (CES), ose le chiffre de 400 par an. Une comptabilité purement personnelle, qu’il tient de sa longue expérience de syndicaliste au sein de la fédération CGT du textile et d’une étude qu’il a menée dans le secteur industriel. Selon l’OMS, la France est toutefois le troisième pays, derrière l’Ukraine et les Etats-Unis, où les dépressions liées au travail sont les plus nombreuses.


Epuisement professionnel

Quant à l’association SOS Suicide Phénix, elle signale qu’une personne sur six contacte sa ligne d’écoute pour aborder un problème d’ordre professionnel. Les appelants ? Une majorité de fonctionnaires issus, notamment, de l’Education nationale. « On a de plus en plus de patients en état d’épuisement professionnel, qui viennent consulter tardivement, pour des raisons d’anxiété par rapport à leur travail », complète Olivier Drevon, vice-président de l’Union nationale des cliniques psychiatriques privées (UNCPSY).


Les actifs au coeur du problème

Si un premier pas dans la connaissance du sujet a été franchi, l’an dernier, avec la création, sous l’égide du ministère de la Santé, d’un Comité d’observation et de prévention du suicide , le psychiatre et professeur de médecine Michel Debout veut aller plus loin. Afin de comprendre et d’agir, il milite depuis de nombreuses années pour la mise sur pied d’un observatoire national sur les suicides . « Sachez qu’il y a, chaque année, 6 200 suicides chez les personnes âgées de 30 à 60 ans. Ce chiffre est constant depuis dix ans. En revanche, les cas de suicide ont baissé de 40 % chez les moins de 25 ans et de 15 % chez les plus de 65 ans. C’est à l’évidence la tranche d’âge constituée par les actifs qui est au coeur de la problématique. On ne peut donc pas nier le rapport entre suicide et travail. Seul problème : on ignore tout de ces 6 200 décès. »

Une chose est certaine, le phénomène du suicide au travail n’est pas nouveau. Selon une enquête de 2002, orchestrée par l’Inspection médicale régionale de Basse-Normandie en direction des médecins du travail, 55 d’entre eux (sur 190 sondés) relataient 107 cas de suicide ou tentative de suicide liés au travail au cours de la période 1997-2001.


Des causes évidentes

« Il y a cinq ans déjà, les médecins du travail signalaient qu’ils avaient été, un jour ou l’autre, confrontés à un suicide ou à une tentative de suicide de salarié sur le lieu du travail », confirme Dominique Chouanière, médecin épidémiologiste à l’INRS et responsable du projet transversal «stress». « En 1996, rappelle encore Michel Debout, qui préside aussi l’Union nationale pour la prévention du suicide (UNPS), nous avions organisé une journée de réflexion sur les suicides de policiers. Ce débat, qui avait suscité un large intérêt, s’est rapidement tari. Pourtant, le lien entre suicide et travail apparaît souvent comme une évidence même si la personne rencontre des difficultés personnelles qui jouent également un rôle important (rupture dans un couple, deuil, surendettement…) dans le passage à l’acte. »


Evolution des mentalités

Les plans de prévention élaborés par Renault et EDF (lire p. 27 et p. 30) marquent-ils pour autant la fin des non-dits ? Pour de nombreux experts, les entreprises ont longtemps pratiqué le déni même en cas de suicide sur le lieu de travail. Une attitude qui n’est pas complètement anodine puisque les sociétés ont tout intérêt à nier leur responsabilité pour ne pas avoir à verser des indemnités dues au titre des accidents du travail et maladies professionnelles (lire ci-contre).

« Les mentalités évoluent. Désormais, dans le monde du travail, on ose lever un coin du voile sur cette question. Pourquoi pas avant ? Je pense que, tout simplement, le sujet n’était pas mûr », analyse Philippe Arbouch, avocat spécialiste des addictions, coauteur du livre Les tabous dans l’entreprise.


La santé, priorité majeure

Version moins optimiste pour Eric Albert, directeur de l’Institut français d’action sur le stress (Ifas) ; pour lui, c’est parce que les Français développent un profond malaise au travail que le sujet du suicide au travail suscite soudainement un intérêt, agissant comme une sorte de caisse de résonance.

Autre piste creusée par Eric Albert : la santé au travail est devenue une priorité majeure dans la société : « Les salariés sont prêts à accepter beaucoup de leur employeur, à une seule exception : leur santé. Auparavant, un ouvrier acceptait de se blesser au boulot, aujourd’hui c’est inconcevable. Or, pour 80 % de la population active, la santé au travail relève des questions psychiques, dont la conséquence absolue est l’acte suicidaire. »

« Lorsque quelqu’un se donne la mort sur son lieu de travail, on ne peut considérer cela comme une circonstance fortuite. En faisant cela, il dénonce son environnement professionnel comme une cause majeure de son acte », observe Pierre Labasse, président d’honneur de l’Association française de communication interne (AFCI). Renault et EDF ont eu, à ce titre, le mérite de mettre les pieds dans le plat de leurs dysfonctionnements. Les questions relatives à la souffrance au travail, aux cadences, à l’exigence de productivité, aux modes de management, à l’isolement des salariés figurent en première ligne de leurs plans de prévention.


Written by jfrio

septembre 17, 2008 at 2:29

Publié dans Suicide au travail

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